PRISES DE POSITION OFFICIELLES

Votation du 7 juin sur le génie génétique: Dissidence chez les écologistes

Non moins de huit organisations provenant de la protection de l'environnement, tiers-mondistes, humanitaires et paysannes s'opposent à l'initiative et laissent la liberté de vote. Une contradiction intéressante. . .

Non moins de huit organisations provenant des mouvantes écologistes, tiers-mondistes et paysanne ne " veulent pas se laisser enfermer " dans le " débat pour ou contre " l'initiative populaire contre le génie génétique qui en vient en votation le 7 juin prochaine. Opposées à l'initiative qu'elles jugent " intéressante par les questions qu'elle pose " mais " trop extrême dans plusieurs domaines ", elles laissent la liberté de vote à leurs adhérents et " prennent rendez-vous " pour l'après 7 juin en proposant une plate-forme de revendications renforçant l'arsenal législatif de Gen-Lex, motion votée par le Parlement destinée à compléter le dispositif législatif actuel en guise de contre-projet à l'initiative.

Consulter la liste des signataires de la plate-forme est intéressant : s'y côtoient cinq organisations nationales. Action catholique rurale, Commission tiers-monde de l'Eglise catholique, Helvetas, la Société suisse pour la protection de l'environnement et l'Union des producteurs suisses - mais aussi les Magasins du monde, de la Déclaration de Berne et de Terre des Hommes Suisse. La présence de mouvements romands n'étonne pas véritablement dans la mesure où le débat est beaucoup moins passionné de ce côté-ci de la Sarine, mais l'engagement de plusieurs organisations faîtières de la mouvance écologiste démontre que ces derniers sont extrêmement divisés dans leur jugement face à l'initiative contre le génie génétique.

Pour les organisations signataires de la plate-forme, l'initiative est trop radicale dans certaines interdictions, notamment celle des animaux transgéniques.

20.04.1998 François Tissot-Daguette , L'AGEFI, Lausanne