Dignité de la créature

En Suisse, l'art. 24 novies, al. 3, Cst. prescrit le respect de la dignité de la créature. Les opinions divergent sur l'interprétation et l'application de cet alinéa dans la loi, l'ordonnance et la pratique.

La pensée chrétienne met l'être humain au-dessus de l'animal et lui donne une place à part dans son environnement naturel. Cette position suppose des privilèges et des obligations. La promulgation de diverses lois pour la protection de l'environnement, des plantes et des animaux atteste que l'être humain s'acquitte de mieux en mieux de ces devoirs. Ces mesures, il est vrai, sont toujours axées sur l'humain et servent ses intérêts.

Dans la discussion actuellement en cours sur la notion de "dignité de la créature", les éthiciens eux-mêmes reconnaissent qu'incontestablement, tout vivant ayant une fin ne peut pas vivre sans nuire à d'autres êtres vivants, sans les exploiter, les abîmer, les manger ou les détruire d'une manière ou d'une autre (B. Sitter-Liver). Si la dignité de la créature ne représente qu'un élément dont il faut "tenir compte" dans une pesée des intérêts, elle ne peut pas interdire de manière absolue les interventions dans la vie des animaux et des plantes. Le principe demande toutefois aux humains en tant qu'êtres capables de décisions morales de justifier par des arguments plausibles leurs interventions dans la vie d'autres créatures intègres (Ina Praetorius, dans "Die Würde der Kreatur", cahier environnement ní 260 de l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage).